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Cet été, Arnold Schwarzenegger a provoqué chez tous ses fans une éréction siffredienne en annonçant qu'il reprendrait le rôle de Conan le barbare dans un ultime chapitre qui serait dans la veine du chef-d'oeuvre qu'était le tout premier film et qui ne prendrait pas en compte la suite toute pourrie et le remake complétement faisandé qui avaient suivi.  Avant de voir se concrétiser ce projet qui va faire fantasmer la planète ciné pendant toute l'année à venir, on retrouve Arnold dans Le Dernier Rempart, un film évènement puisqu'il marque le retour sur grand écran de l'ex-gouverneur de Californie après dix ans d'absence. Alors, retour en grande pompe ou pétard mouillé ? 

 Dix ans ! Dix ans qu'on n'avait plus eu le plaisir de revoir notre bon vieux Arnie au cinéma. Alors certes, il a bien fait quelques apparitions plus ou moins furtives dans Le Tour du monde en 80 jours ou chez les Expendables de son vieux pote Sly, mais depuis Terminator 3 : Le Soulèvement des machines en 2003 (oui je sais, je vais réveiller chez certains des souvenirs douloureux), c'est la première fois que l'Autrichien le plus célèbre d'Hollywood squatte le premier rôle d'un film. A l'excitation que provoque ce retour (moi j'étais excité en tout cas, pas la peine de se moquer !), il faut ajouter la curiosité de voir le résultat de l'association inédite de Schwarzie avec Kim Jee-Woon. Le sud-coréen, réalisateur du déjanté Le Bon, la brute et le cinglé, tout juste auréolé du succès de son dernier film J'ai rencontré le Diable (magnifique long-métrage sur le thème de la vengeance), est en effet derrière la caméra de ce Dernier rempart. On pouvait donc légitimement s'attendre à ce que cette collaboration nous offre un film qui pète le feu ! Mais finalement, on se contentera de quelques étincelles...

Le Dernier rempart est sans aucun doute possible une série B, une bonne série B certes, mais une série B quand même. Il est bien difficile de déceler à l'écran la patte de Kim Jee-Woon et si quelques trop brefs coups d'éclats nous empêchent de dire que n'importe quel faiseur aurait pu accoucher de ce résultat, on ne peut pas dire que la réalisation soit franchement virtuose ni même très péchue. D'ailleurs, puisqu'on parle de rythme, il faut signaler que les premières minutes avant que les hostilités ne commencent sont franchement très looooongues ! Une fois passées les frayeurs de voir Schwarzie se transformer en Louis la brocante et faire la causette aux habitants de son bled paumé vêtu d'un bermuda très viril, la cadence s'accélère et le film nous livre des scènes d'actions très pêchues : une évasion rocambolesque en plein Las Vegas, un barrage de flics littéralement réduit à néant par un convoi de mercenaires, une étonnante course-poursuite à travers un champ de maïs... Bref, on est très bien pourvu en scènes d'action débridées (étonnant de la part d'un sud-coréen... désolé !) et si on pestera un peu devant la brièveté du très attendu grand affrontement à mains armées  en plein coeur de la ville d'Arnold, on en a quand même pour notre argent.

Côté casting, la grande attraction c'est évidemment Schwarzenegger. Si, comme je l'expliquais plus haut, on s'inquiète pas mal au début de le voir se promener tranquillement dans le film en mode pré-retraite, le chêne autrichien tient la grande forme ! A plus de 65 ans, l'éternel interprète de Terminator montre à la jeune garde du cinéma d'action qu'elle peut encore patienter avant de prendre la relève et que même s'il ne castagne plus les méchants avec autant de vigueur qu'il y a 20 ans, il en a encore sous le pied. D'ailleurs, l'une des grandes forces du film est justement de ne pas trop exagérer les cascades avec Schwarzie et de proposer des affrontements qui tiennent compte de son grand âge, notamment le combat final très malignement chorégraphié. Le seul reproche qu'on peut faire au personnage d'Arnold, même si ce n'est pas vraiment de sa faute, ce sont ses dialogues, qui sont surtout des alignements de punchlines du style "Je suis le shérif !" ou "Conduisez prudemment !". Malgré cela, c'est un vrai plaisir de le revoir en forme au cinéma et cela augure de belles choses pour les mois et années à venir. Les autres acteurs ont par contre bien du mal à sortir de l'ombre du Gouvernator. Seuls le toujours excellent Peter Stormare et le déjanté Johnny Knoxville (membre des Jackass) sortent du lot dans des rôles de doux-dingues diamétralement opposés alors que Forest Whitaker, plutôt transparent, semble être juste venu encaisser son chèque.

Pour conclure, il est forcément décevant de constater qu'un projet à la base si prometteur s'avère être au final bien en-dessous des espoirs qu'on plaçait en lui. Mais malgré quelques défauts, Le Dernier rempart s'avère être une série B de qualité, un western contemporain et bourrin sans prétention qui ravira les amateurs du genre (comme votre serviteur) et qui meublera avec plaisir les soirées bières-pizzas du samedi soir entre potes. Ce n'est pas encore LE grand retour de Schwarzie mais plutôt une sorte de grand échauffement avant des projets autrement plus alléchants qui arriveront dans les prochains mois (The Tomb avec Stallone, Ten de David Ayer et bien sûr le futur ultime chapitre de la saga Conan).

 

Verdict : 14/20

 

< Le Dernier rempart (Titre original : The Last Stand). Un film de Kim Jee-Woon. Avec Arnold Schwarzenegger, Peter Stormare, Forest Whitaker, Eduardo Noriega, Johnny Knoxville et Harry Dean Stanton. Date de sortie française : le 23 janvier 2013.