3_Days_to_Kill

 

Ah, Paris ! Sa tour Eiffel, ses habitants mal embouchés, ses truands d'Europe de l'Est, ses agents secrets américains incarnés par des vétérans d'Hollywood... Les parfaits ingrédients d'une production Europacorp ! Après Liam Neeson et John Travolta, c'est ce bon vieux Kevin Costner qui prend le risque de s'encanailler en Ile-de-France pour raviver une carrière doucement sortie de sa léthargie avec ses seconds rôles dans le Man of Steel de Zack Snyder et le reboot de la saga Jack Ryan

A la vue de la bande-annonce de 3 Days to Kill, on ne peut s'empêcher de penser que ça ressemble furieusement à Taken : même cadre (Paris), même genre de séquences d'action ("à la Jason Bourne"), même cellule familiale décomposée (parents séparés, une fille en froid avec son paternel trop souvent absent), même clique d'antagonistes à la mine patibulaire (Russes, Serbes, Albanais, Roumains... On ne les différencie jamais de toute façon !)... De là à penser que l'intrigue du film sera un simple décalque des premières mésaventures de Bryan Mills, il n'y a qu'un pas qu'on franchit allègrement dès les premières minutes du long-métrage ! Pourtant, après une séquence d'intro pêchue mais qui semble mettre en place toutes les pièces d'un puzzle qui aurait pu s'intituler Taken 1.5, force est de reconnaître que "non, c'est pas pareil !"

McG n'est pas Pierre Morel et, heureusement, encore moins ce tâcheron d'Olivier Megaton. Choisir un metteur en scène habitué à mettre en boîte des blockbusters fun plutôt qu'un des poulains de son écurie est la meilleure idée que pouvait avoir Luc Besson et c'est sans doute ce qui permet à 3 Days to Kill de se placer bien au-dessus du niveau moyen de ses dernières productions. Le savoir-faire de McG pour la castagne et l'action débridée se ressent dès la séquence d'intro en Serbie, où le réalisateur de Terminator Renaissance n'hésite pas à tout faire péter, et lors du gunfight final en pleine soirée branchée qui est loin d'être un remake fauché de la fusillade en boîte de Collateral (on est pas dans Mea Culpa). Dommage qu'entre les deux, il n'y ait pas beaucoup de morceaux de bravoure à se mettre sous la dent, et à part une trop courte mais nerveuse course-poursuite dans les rues de Paris et quelques tatanes bien senties dans les chiottes d'un night-club underground, il faudra se contenter de suivre les péripéties d'un Kevin Costner en proie à une maladie incurable et à une ado ingérable. Mais contre toute attente, on y prend beaucoup de plaisir !

Dans 3 Days to Kill, Kevin Costner est un agent de la C.I.A. qui n'a plus que quelques mois à vivre à cause d'un cancer du cerveau qui commence à se généraliser et qui va devoir faire un sale boulot en échange d'un traitement expérimental très coûteux. Une maladie mortelle comme celle-là, c'est déjà très chiant, mais qu'en plus elle touche un mec dont le job consiste à dessouder des types liés au terrorisme international, c'est encore plus chiant... Surtout pour le spectateur ! Parce que voir Kevin faire un malaise et s'écrouler misérablement au moment de descendre le bad guy, ça va une fois. La deuxième fois, c'est déjà un peu plus énervant. La troisième fois, c'est franchement désespérant. La potentielle mort imminente du héros va également le pousser à se rapprocher de son ex-femme, jouée par une Connie Nielsen méconnaissable (mais qui ravira les amateurs de MILF) et surtout de sa fille, campée par Hailee Steinfeld, la jeune héroïne de True Grit. L'alchimie entre l'adolescente et l'ex-Bodyguard (guettez bien d'ailleurs la petite référence au film culte de Kevin) est flagrante et si certaines séquences consacrées à leur relation père-fille frisent le cliché, l'ensemble est franchement très touchant et parfois même très drôle. Oui, à la surprise générale, 3 Days to Kill est un film qui fait rire et c'est sans doute l'élément qui lui permet de se démarquer le plus de son aîné Taken. Si tous les gags ne font pas mouche (Besson a décidément bien du mal à s'empêcher de faire passer les policiers français pour des gros beaufs) et que la subtilité est rarement au rendez-vous, force est de reconnaître qu'on se marre souvent, notamment lors des échanges entre Costner et quelques truands plus comiques que méchants qui l'aideront à mieux concilier ses obligations de flingueur professionnel et de papa poule.

En résumé, loin de n'être qu'un simple ersatz de Taken, 3 Days to Kill est une bonne surprise qui surprend le spectateur en lui offrant des rires et de l'émotion sans oublier bien entendu de lui offrir la dose d'action nerveuse qu'il recherche habituellement dans ce genre de productions, même si ici la qualité semble primer sur la quantité. Le film ne restera sans doute pas dans les annales mais il est idéal pour passer une bonne soirée et a le mérite de relever le niveau des productions Europacorp bien en berne depuis quelques années.

 

Verdict : 13/20

 

< 3 Days to Kill. Un film de McG avec Kevin Costner, Amber Heard, Connie Nielsen, Richard Sammel et Hailee Steinfeld. Sortie française : le 19 mars 2014.