Halloween 3

 

A l'heure qu'il est, votre soirée d'Halloween est sûrement déjà bien avancée et les effets du punch maison que votre ami réunionnais à ramené commencent déjà à se faire sentir. C'est le moment idéal pour s'affaler avec classe dans le canapé à côté de cette sorcière brune sexy qui vous ignore poliment depuis deux heures et de se mater un bon petit film d'épouvante/d'horreur, avec le secret espoir qu'elle vous sautera dans les bras au premier coup de frousse.

A défaut de vous faire repartir assurément au bras de votre jolie camarade au faux (j'espère) nez crochu, cette courte liste non exhaustive de petites pépites du cinéma horrifique vous permettra de passer un excellent moment devant votre écran.

Bien évidemment, il manque énormément de plus ou moins grands classiques du genre mais à quoi bon citer les Halloween, Massacre à la tronçonneuse, Evil Dead, Shining, Psychose et autre Loup-garou de Londres puisque vous les connaissez déjà et que d'autres experts plus qualifiés vous en parleront bien mieux que moi ?

 

1°) Pour ceux qui flippent un peu à cause du virus Ebola : 28 jours plus tard 

28 jours plus tard

Jim se réveille dans un hôpital londonien et découvre que la ville a été presque entièrement désertée à cause d'un terrible virus. Il va découvrir aussi que certains survivants sont tout aussi dangereux que les féroces infectés qui se sont multipliés à une vitesse folle.

En 2002, Danny Boyle a ressuscité un genre qui était tombé en désuétude : le film de zombie. Et même s'il n'y a aucun mort-vivant dans 28 jours plus tard mais plutôt des contaminés, le succès de cet excellent long-métrage a ouvert la voie à L'Armée des morts, Rec et autres The Walking Dead qui ont permis aux zombies de squatter tous nos écrans jusqu'à l'overdose. 

Nerveux, audacieux et porté par un casting très solide et très british (on y trouve en vrac un Epouvantail, une Moneypenny, un Doctor et un professeur de Poudlard), 28 jours plus tard vous scotchera dans votre fauteuil plus d'une heure et demie. Sa suite, intitulée 28 semaines plus tard, est tout aussi bonne (voire meilleure) bien qu'elle ne boxe pas vraiment dans la même catégorie.

 

2°) Pour ceux qui envisagent l'adoption : La Malédiction

La Malédiction

Diplomate américain promis à un brillant avenir politique, Robert Thorn est sur le point de devenir père pour la première fois. Malheureusement, son fils meurt à peine quelques minutes après sa naissance. Pour préserver son épouse, qui n'a pas encore appris la terrible nouvelle, Robert accepte d'adopter un autre nourrisson né au même moment et de le faire passer pour son fils légitime. Après cinq années d'un bonheur sans nuage, les phénomènes inexplicables et les morts violentes vont se multplier autour de Damien, qui semble ne pas être un enfant comme les autres...

Réalisé par Richard Donner, à qui l'on doit une tripotée de grands succès du cinéma populaire américain (Superman, Les Goonies, la saga L'Arme Fatale, etc), La Malédiction est une réussite sur tous les plans. Du casting royal, porté par l'ultra-charismatique Gregory Peck et le sourire d'ange du jeune Damien, à la musique angoissante de Jerry Goldsmith, qui a ponctué sa partition de messes sataniques en latin chantées par des choeurs maléfiques, tout contribue à conférer à ce film une atmosphère inoubliable.

Le succès de La Malédiction a engendré trois suites et un remake. Les deux premières séquelles sont très recommandables, la troisième (qui n'en est pas vraiment une) mérite de rester dans l'oubli et le remake est, comme bien souvent, fade et inutile.

 

3°) Pour ceux qui en ont marre d'attendre la prochaine saison de Game of Thrones : Black Death

Black Death

Nous sommes en 1348 après Jésus-Christ. Toute l'Angleterre est ravagée par une épidémie de peste bubonique... Toute ? Non ! Un village peuplé irréductibles gaillards en bonne santé résiste encore et toujours à la maladie. Intriguée, l'Eglise charge un jeune moine et un groupe de chevaliers de se rendre sur place pour enquêter sur cet étrange phénomène.

Christopher Smith est un petit prodige d'outre-Manche pas encore reconnu à sa juste valeur chez nous où, depuis l'échec en salles de Severance, ses oeuvres sortent directement en blu-ray, dvd et vod. Avec Black Death, il nous offre une épopée médiévale teintée de fantastique, à l'atmosphère glauque, poisseuse et désespérée. Le jeune novice Eddie Redmayne est prodigieux en jeune moine à la foi vacillante, tout comme les têtes d'affiches Sean Bean et Carice Van Houten, qui interprètent des personnages partageant beaucoup de points communs avec ceux qu'ils incarnent dans la série Game of Thrones.

Et si, après avoir succombé à Black Death, vous voulez poursuivre votre découverte de la filmographie de Christopher Smith, jetez-vous sans hésiter sur le brillant Triangle, lui aussi idéal pour une soirée d'Halloween pleine de frissons.

 

4°) Pour ceux qui n'ont pas encore bien résolu leur complexe d'Oedipe : Maniac

Maniac

 

 

A l'origine, la chanson Maniac, popularisée par Flashdance en 1983, a été écrite trois ans plus tôt et devait figurer dans la bande-originale de ce film d'horreur. Le réalisateur William Lustig a préféré ne pas s'en servir, la jugeant peu en accord avec l'ambiance de son long-métrage. Sage décision car Frank Zito, son protagoniste principal, n'est pas du genre à se déhancher sauvagement en collants sur une piste de danse. Son truc à lui, c'est plutôt de se balader la nuit pour suivre de jeunes inconnues et les massacrer avant de repartir avec leur scalp. Un hobby comme un autre.

Pourquoi Maniac a-t-il accédé au statut de grand classique du cinéma d'horreur ? Peut-être parce que sa tête d'affiche, le regretté Joe Spinell (connu aussi pour ses savoureux seconds rôles dans les premiers films de Stallone), y crève l'écran avec son jeu de malade et sa tête qui n'a pas besoin de maquillage pour vous foutre les jetons. Peut-être parce que l'intrigue prend place dans le New-York crasseux, sordide et anxiogène des années 80 sans qui des films comme Un Justicier dans la ville, L'Ange de la Vengeance ou Les Faucons de la nuit n'auraient pas eu le même impact. Peut-être parce que les maquillages et les effets spéciaux sont signés de la main du légendaire Tom Savini, l'homme qui a rendu les zombies de George Romero si réalistes. Peut-être que c'est simplement tout ça à la fois.

Un Maniac 2 aurait dû voir le jour mais la mort de Joe Spinell a mis un terme aux projets de William Lustig qui s'est consolé en allant tournant le très bon Maniac Cop avec Bruce Campbell. A défaut d'une suite, Maniac a eu un très bon remake en 2012, produit par Alexandre Aja, avec Elijah Wood dans le rôle-titre.

 

5°) Pour ceux qui sont vraiment très rancuniers : J'ai rencontré le Diable 

J'ai rencontré le Diable

La fiancée de Soon-hyun, jeune agent des services secrets sud-coréen, a été assassinée par Kyung-chul, sadique tueur en série, alors qu'elle était enceinte. Ivre de vengeance, Soon traque le serial-killer qu'il arrive très vite à retrouver. Mais plutôt que de l'appréhender et de le livrer à la justice, l'agent va entamer un diabolique jeu du chat et de la souris avec l'homme qui lui a tout pris.

A quel point la vengeance nous transforme-t-elle ? Qui est vraiment la victime et qui est vraiment le bourreau ? Telles sont quelques unes des questions soulevées par Kim Jee-woon, à qui l'on doit également A Bittersweet Life et Le Bon, la Brute et le Cinglé mais aussi Le Dernier Rempart avec Arnold Schwarzenegger.

Intense et très violent, mais un poil trop long, J'ai rencontré le Diable permet également à Choi Min-sik de crever à nouveau l'écran après sa performance hallucinante et hallucinée dans Old Boy. Tétanisant sans jamais tomber dans le cliché, il est une parfaite incarnation du Diable à visage humain et surclasse tous ses partenaires de jeu, pourtant très bons.

 

6°) Pour ceux qui trouvent que la banlieue c'est pas rose, la banlieue c'est morose : Candyman

Candyman

Helen, jeune étudiante à Chicago, rédige une thèse sur les légendes urbaines et les croyances populaires. Ses recherches vont la mener dans le ghetto de Cabrini Green, une cité mal-famée rongée par la pauvreté et le trafic de drogue. Là-bas, elle découvrira le mythe de Candyman, tueur sanguinaire armé d'un crochet qui s'attaque surtout aux femmes et aux enfants. Sceptique, Helen va très vite apprendre, à ses dépens, que derrière chaque légende se cache une part de réalité.

Ecrit par le célèbre romancier Clive Barker, qu'on pourrait comparer grossièrement à un Stephen King en cent fois plus gore et dérangé, Candyman fait partie de ces films qui laissent une marque indélébile dans le coeur des spectateurs. Jouissant d'une atmosphère unique, aussi romantique et poétique qu'il est violent et tétanisant, Candyman doit beaucoup à son interprète, le sous-utilisé Tony Todd, qui rempila pour deux suites bien inférieures au premier opus.

Petit défi pour Halloween et même pour tous les autres soirs de l'année : oserez-vous prononcer le nom de Candyman 5 fois devant votre miroir ?

 

7°) Pour ceux qui aiment quand ça se termine en corps-à-corps : Freddy vs. Jason

Freddy vs

Freddy Krueger a complètement été oublié par les jeunes générations de sa ville de Springwood qui n'ont, pour la plupart, jamais entendu parler de lui. De ce fait, ils n'ont pas peur de lui et sans cette précieuse peur qu'il est supposé inspirer, le croque-mitaine est totalement impuissant. Pour retrouver sa force, Freddy va chercher Jason Voorhees (le colosse tueur de la saga Vendredi 13) en Enfer et le lâche sur Elm Street pour qu'il tue en son nom et fasse renaître sa légende. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu et le plan de Freddy va se retourner violemment contre lui.

Freddy vs. Jason, c'est le fantasme de millions de cinéphiles qui s'est finalement concrétisé en 2003 devant la caméra de Ronny Yu, à qui l'on devait déjà le retour sur le devant de la scène du célèbre Chucky. S'il verse moins dans le second degré que sa Fiancée de Chucky qui penchait parfois dangeureusement vers la parodie, le film de Ronny Yu contient quand même quelques touches d'humour (surtout grâce à la verve légendaire de Freddy). Respectueux des deux icônes qu'il met en scène, le réalisateur prend le temps de nous rappeler leurs origines grâce à une sublime séquence d'introduction et restitue leurs univers respectifs avec beaucoup de soin, même quand il les mixe. 

La pièce de résistance se situe bien évidemment dans le dernier tiers du film, lorsque Ronny Yu lâche la purée et nous offre un combat dantesque, fun et bien évidemment très sanglant entre les deux légendes du cinéma d'horreur. Et si tous ces arguments n'arrivent pas à vous convaincre de mater Freddy vs. Jason, sachez qu'on y on voit de très belles poitrines en gros plan !

 

8°) Pour ceux qu'on traite de gros parano alors qu'en fait ils sont juste un peu méfiants : The Thing

The Thing

 

Une équipe de scientifiques américains isolée depuis plusieurs mois en Antarctique est confrontée à un organisme d'origine extra-terrestre capable de copier l'apparence de n'importe quel animal ou humain après l'avoir tué. Rongés par le doute et la paranoïa, ne sachant plus qui est vraiment qui parmi eux, les membres du groupe vont devoir lutter contre cette "chose" et l'empêcher de se répandre au-delà du continent.

Adaptation d'une nouvelle de John W. Campbell, déjà transposée au cinéma avec moins de fidélité dans un film produit par Howard Hawks en 1951, The Thing fait partie du haut du panier de la filmographie de John Carpenter (à qui l'on doit entre autres New-York 1997, L'Antre de la folie ou encore Halloween) et peut être légitimement considéré comme l'un des plus grands chefs-d'oeuvres du cinéma horrifique.

Porté par un Kurt Russell plus charismatique que jamais, une partition angoissante d'Ennio Morricone et des effets spéciaux du grand Rob Bottin qui ont traversé le temps sans prendre une ride, The Thing vous glacera le sang assurément. Beaucoup plus en tout cas que son inutile mais sympathique préquelle sortie en 2011.

 

9°) Pour ceux qui aiment s'engouffrer profondément dans des coins sombres et étroits : The Descent

The Descent

Une jeune femme, qui a perdu son mari et sa fille dans un accident de la route survenu un an plus tôt, rejoint cinq de ses amies pour un week-end de spéléologie dans les Appalaches. S'aventurant sans le savoir dans une galerie jusque-là inexplorée, les six camarades vont être victimes d'un éboulement qui va les contraindre à s'enfoncer encore plus dans les profondeurs. Alors que certaines tensions commencent à éclater, elles se rendent compte qu'une présence, tapie dans le noir, est en train de les observer.

Touche-à-tout aussi à l'aise dans le péplum burné (Centurion) que dans le défouloir post-apocalyptique (Doomsday), Neil Marshall met en scène un groupe de nanas charismatiques, loin d'être les caricatures qu'on retrouve souvent dans ce genre de film, pour jouer avec nos plus grandes angoisses et plus particulièrement la peur du noir. Le résultat terrifie avec une efficacité rarement atteinte ces dernières années.

Sa suite, The Descent : Part 2 (qui n'a pas été réalisée par Marshall), ne mérite qu'un mépris poli et l'oubli éternel.

 

10°) Pour ceux qui préfèrent la petite lucarne au grand écran : Community (saison 2, épisode 6)

Community

Sur le campus de l'université communautaire de Greendale, la fête organisée pour Halloween bat son plein. Au fur et à mesure que la soirée avance, certains invités commencent à montrer des signes d'agressivité et tentent même de mordre certains de leurs camarades. Les étudiants sont obligés de se rendre à l'évidence : ils sont confrontés à une invasion de zombies.

Série la plus drôle et la plus référentielle de ces cinq dernières années, Community a l'habitude de célébrer Halloween, et même Noël, avec des épisodes spéciaux encore plus déjantés qu'à l'accoutumée. Intitulé Epidémiologie, cet épisode rend hommage à tous les classiques du film de morts-vivants et du cinéma d'horreur en général.

Ces 20 minutes de rires garanties (ou remboursées) vous donneront assurément envie de faire ensuite plus ample connaissance avec cette série dont l'ultime saison devrait démarrer en janvier prochain.

 

Alors, vous allez opter pour quoi ?